Le Maître Funakoshi Gichin créa ces vingt Règles d’or à l’intention de ses élèves et disciples et dans le but que le karaté se perpétue dans toute sa pureté et son intégrité.
par le Maître recherchent que le développement physique que le Maître composa ces Quiconque pratique le karaté doit développer autant son corps que son esprit; c’est pour lutter contre la tendance des temps modernes qui ne sur leur importance primordiale. Il ne fit toutefois que les commenter puisque les règles elles-mêmes dataient de temps plus anciens; elles avaient déjà été compilées Règles d’Or en insistant sans cesse Nakamune à Okinawa.
Bien qu’inconnues en France, elles devraient pourtant être inscrites dans chaque dojo et surtout, observées par tous les professeurs et élèves...
1-LE KARATE COMMENCE ET SE TERMINE AVEC LE REI
Rei indique à la fois une idée de politesse, d’attitude correcte, de respect d’autrui, de salut, etc...
Le Rei est le rempart contre la violence ; sans le Rei, le combattant ne tarde pas à se transformer en bête féroce dès qu’il commence à perdre. Aussi fort soit-il, le karatéka dépourvu de Rei ne propage autour de lui qu’un esprit de colère et de violence, hautement nuisible au karaté. Sa valeur en tant que karatéka est alors aussi nulle que sa valeur humaine. Le Rei est la manifestation du respect que l’on témoigne à autrui. Le degré de compréhension que l’on possède du karaté apparaît dans sa propre attitude, laquelle se reflète dans le Rei témoigné. Mais les choses ne sont pas aussi simples : le Rei extérieur n’est souvent qu’un vernis qui disparaît subitement lors d’un combat. A ce moment, ce que l’on pense réellement apparaît manifestement ; aussi le Rei extérieur doit-il s’accompagner d’un respect sincère intérieur.
"Le karaté commence et se termine avec le Rei". En d’autres termes, si le combat ne s’accompagne pas d’un sentiment réciproque de respect pour l’adversaire, il dégénère en violence et en une lutte bestiale qui ne peut prétendre porter le nom de karaté.
2-ON N'UTILISE PAS LE KARATE SANS RAISON
Un vieil adage du "ken-jutsu" déclare "le katana ne sort de sa gaine qu’en cas de nécessité". L’un des grands mérites des Arts Martiaux est de savoir enseigner la patience, l’endurance à subir le maximum avant de réagir. Lorsque ce niveau maximum est dépassé, on doit utiliser le karaté. Cette seconde Règle d’Or enseigne donc la vertu de la patience et de la force d’endurance. L’esprit du Bushido consiste à patienter jusqu'à ce que "limites soient dépassées". A ce moment, il faut combattre de toutes ses forces jusqu'à la victoire. Etant à l’école de la maîtrise mentale et physique, le karatéka ne doit pas se laisser aller à la colère et tenter de prouver sa force sur autrui ; il est plus difficile de se maîtriser tout en étant bon karatéka que le contraire ; la première attitude est celle du Budo, la seconde, celle de l’homme indiscipliné.
3-LE KARATE NE PEUT SE PRATIQUER QU'AVEC UN SENTIMENT DE JUSTICE
Il est un fait indéniable que l’on ne déploie ses capacités et son énergie que lorsque l’on pense être dans le vrai et avoir raison ; ceci est lié à un problème de conscience. La force intérieure ne se déployant qu’avec un maximum de conviction en ce que nous faisons, il est vital de se sentir armé du "bon droit" pour que le courage nécessaire au combat naisse spontanément ; c’est dans ce sens que le "sentiment de justice" et le karaté trouvent leur harmonie et leur application respectives.
4-CONNAIS-TOI TOI-MÊME AVANT DE CHERCHER A CONNAITRE LES AUTRES
Paroles tellement connues, qu’aujourd’hui plus personne n’y prend garde. C’est sans doute ce qui explique la difficulté qu’ont les pratiquants actuels à comprendre l’esprit du Budo. Le sens de cette règle d’Or est qu’il est indispensable de se connaître soi-même non pas philosophiquement, mais du simple point de vue de ses réactions : son degré de patience, sa violence naturelle, son orgueil, sa timidité, etc...
Ce n’est qu’en évaluant correctement ses propres réactions que l’on peut ensuite agir en conséquence ; chercher uniquement à évaluer l’adversaire sans être conscient de ses propres réactions ne peut mener qu’à l’échec dans le combat ; d’où l’importance de s’évaluer et de s’estimer soi-même correctement
5-DE LA TECHNIQUE NAÎT L'INTUITION
Tsukahara Bokuden avait trois fils à qui il enseigna avec application l’art du katana ; un jour, voulant éprouver le degré de compréhension qu’ils avaient obtenu dans cet art, il plaça un petit oreiller de bois en équilibre au-dessus de la porte, puis appela le premier de ses trois fils ; celui-ci entra mais, en poussant la porte, il sentit un poids inhabituel ; il avança et reçu dans ses bras, le petit oreiller de bois qu’il replaça à sa place initiale.
Puis Bokuden appela son second fils ; celui-ci poussa la porte mais, sentant une menace, mit la main au-dessus de sa tête pour la protéger et évita ainsi l’oreiller qu’il remit en place.
Lorsque Bokuden appela son troisième et dernier fils, celui-ci entra sans hésiter dans la pièce ; l’oreiller tomba mais, avant qu’il n’ait touché la tête du fils et atteint le sol, le jeune homme avait fait un bon de côté, dégainé son sabre court et tranché en deux l’oreiller !
Bokuden sourit et dit : « Voilà ce qui s’appelle développer l’intuition à partir de la perfection technique »
Ainsi, la véritable intuition du danger naît-elle de la maîtrise progressive que l’on acquiert dans la pratique du karaté
6-NE LAISSEZ PAS VOTRE ESPRIT VAGABONDER
C’est l’équivalence japonaise du « Pensez à ce que vous faîtes ». Effectivement, nous avons l’habitude de nous entraîner mécaniquement, en laissant notre esprit flotter dans les nuages ou s’absorber dans les soucis quotidiens ou autres !
L’idéal dans la pratique du karaté, que ce soit en combat, au kata ou à l’entraînement, est de forcer un son esprit à s’accrocher à l’entraînement que l’on est en train de faire et d’éviter que la répétition de mouvements identiques provoque un automatisme physique laissant s‘échapper l’esprit. Ce n’est qu’en « polissant » sans cesse avec soin notre esprit que nous le disciplinons ; lorsqu’enfin, il est mieux discipliné, alors, pour la première fois, nous éprouvons le plaisir profond de pratiquer le karaté. C’est donc dans un sens positif, celui de la joie de s’entraîner, qu’il faut comprendre cette « règle d’or », et non dans un sens monastique, celui de faire du « zen », en concentrant son esprit comme bonze !
7-L’ECHEC NAIT DE LA NEGLIGENCE
La Négligence était, autrefois, la plus dangereuse des erreurs : combien de samouraïs ne sont-ils passés de vie à trépas pour avoir commis une simple négligence ? La négligence et le laisser-aller concernent, en réalité, n’importe quel domaine de la vie.
8-LE KARATE NE SE PRATIQUE PAS QU’A L’INTERIEUR DU DAJO
Le but de la pratique du karaté est de se forger un esprit sain et équilibré dans un corps vigoureux. Aussi est-il insuffisant de limiter l’esprit du karaté aux lattes du dojo puis se retrouver un autre individu une fois franchie la porte de sortie !
Plus qu’un simple sport, le karaté est , à travers sa pratique, une manière de voir la vie, de la sentir et de l’apprécier. L’idéal est donc de faire de sa vie entière un immense dojo dans lequel tout « coup dur » devient une raison de plus pour se forger et se développer
9-LA PRATIQUE DU KARATE EST L’AFFAIRE DE TOUTE UNE VIE
L’apprentissage du karaté en lui-même s’effectue en quelques années ; toutefois, le karaté-do est le chemin, la voie dans laquelle il faut pénétrer et continuer d’avancer tout au long de sa vie afin d’en retirer le maximum de joie et de développement. Il ne suffit donc pas de connaître des katas et d’avoir fait trois ou quatre ans de pratique en estimant que l’on est assez fort ; s’arrêter à ce moment précis où l’on devrait décider de poursuivre sans relâche est une grande erreur.
Que l’on soit « doué » ou non, il ne faut jamais oublier que le karaté est un sport d’auto-défense, mais que le karaté-do est un chemin dont la pratique sert à se forger et se consolider sur tous les plans de la vie. On ne peut limiter le karaté à son aspect de combat si l’on veut ressentir la joie véritable de le pratiquer.
10-TRAITEZ TOUT PROBLEME AVEC L’ESPRIT DU KARATE
Quand on combat, il faut combattre de toute ses forces jusqu'à la mort - tel est l’esprit du karaté, dont les limites ne sont cependant pas fixées à l’aspect unique du combat. Au contraire, il faut conserver cet esprit et se dresser avec fougue contre toutes les difficultés rencontrées dans sa vie.
Pour conquérir cette force vitale, non seulement sur le plan du combat physique, mais également sur le plan moral, une pratique assidue est indispensable. Mais quelle n’est pas sa joie lorsque l’on
combat avec une telle énergie le moindre de ses problèmes quotidiens !
11-LE KARATE EST SEMBLABLE A L’EAU BOUILLANTE. SI ON NE LA MAINTIENT PAS A HAUTE TEMPERATURE, ELLE REFROIDIT
L’eau bouillante reste bouillante parce qu’on la maintient à haute température. Sinon elle refroidit. L’ardeur dans la pratique du karaté doit être entretenue d’une manière constante, sinon, elle tombe d’elle même.
L’ardeur, quand elle devient de l’indifférence, fait du plus fort un homme faible. Se souvenir de cela permet d’éviter le « piège de l’eau froide ». Il est donc capital d’entretenir son ardeur et sa conviction d’une manière constante.
12-N’AYEZ PAS LA PENSEE DE GAGNER, AYEZ PLUTOT CELLE DE NE PAS ETRE VAINCU
Cette Règle d’Or décrit l’esprit du Budo car elle enseigne l’attitude à avoir d’une part dans le combat, en tant que budoka, et d’autre part dans la vie, en tant qu’homme.
« Celui qui n’a jamais perdu ne sait pas ce que c’est de gagner » disait-on autrefois. En d’autres termes, vouloir la victoire à tout prix n’est absolument la meilleure façon de vaincre. En outre, l’esprit de la victoire à tout prix est le meilleur moyen de se faire de nombreux ennemis car les hommes sentent aisément celui qui est animé d’une telle tendance.
Cependant, il est indispensable d’avoir au fond du cœur la conviction de ne jamais plier devant l’ennemi. Sans cette conviction d’acier, on est aisément la proie de la crainte et de l’orgueil. Sous l’effet de la colère, il est plus aisé de vouloir vaincre à tout prix que de maintenir en soi l’esprit constant et calme de n’être jamais vaincu à aucun prix.
13-MODIFIEZ VOTRE ATTITUDE EN FONCTION DE VOTRE ENNEMI
Face à un adversaire plus fort, soyez aussi insaisissable que l’eau ; ne fuyez pas mais esquivez en souplesse. Cette Règle d’Or signifie qu’il est nécessaire d’adopter une stratégie en fonction de l’ennemi de l’instant. La victoire dépend de la capacité de pénétrer l’adversaire en le déjouant et en le battant sur son propre terrain. Il est de ce fait, indispensable de développer la capacité permettant de se mouvoir en fonction de l’ennemi qui vous fait face.
L’expression : « employez la stratégie de l’eau » : l’eau ne choisit aucune direction lorsqu’elle s’écoule. Se conformant aux configurations du terrain, elle suit le cours naturel du sol. Ce faisant, il n’est rien qu’elle ne pénètre. En tant que combattant, il est conseillé d’adopter la même stratégie, c’est à dire « suivre » l’adversaire puis le frapper au moment qu’il n’attend pas
14-LE SECRET DU COMBAT RESIDE DANS L’ART DE LE DIRIGER
Cette Règle d’Or fait un peu suite à la précédente. Elle est d’autant plus importante que si l’adversaire est le plus fort, le seul moyen de le vaincre est de mener le combat de la façon qui nous
est favorable.
15-QUE TES MAINS ET TES PIEDS FRAPPENT COMME LE SABRE
Cette règle nous rappelle la nécessité qu’il y a d’une part à fortifier ses membres pour qu’ils frappent rapidement et avec efficacité, et d’autre part, dans le combat, à les utiliser comme de véritables lames. Plus on pense que ses membres sont autant de « katanas », plus le coup porté est efficace. C’est là une vérité que tout budoka constate maintes fois quand il s’entraîne ; d’où l’importance d’un esprit clair et d’acier pour utiliser ses « armes naturelles » comme katanas de défense.
Cette règle est également un rappel précis : le katana, tout comme ses « armes naturelles » ne doit être utilisé que pour se défendre.
16-QUAND VOUS FRANCHISSEZ LE SEUIL DE VOTRE MAISON, DIX MILLE ENNEMIS VOUS ATTENDENT
C’est un vieil adage du bushido. Pourtant, il ne signifie pas que vous serez attaqué par dix mille ennemis dès que vous franchirez le seuil de votre demeure. «Dix mille» signifie beaucoup. « Ennemis» ne désigne pas des ennemis physiques mais des adversaires plus terribles encore : ceux de la négligence, de l’imprudence, de l’indiscipline et des paroles inconsidérées qui ruinent notre vie.
Le Bushido, école de formation humaine, cherche à combattre autant ses ennemis intérieurs que ses ennemis extérieurs. Aussi, ne limitez jamais le karaté au combat physique. Celui-ci n’est qu’un moyen de vainrce un adversaire de taille : soi-même.
Les deux doivent être combattus avec une ardeur égale. La vraie victoire cependant demeure celle que l’on a remportée soi-même. Cette victoire seule s’emporte dans l’au-delà affirmait-on autrefois !
L’entraînement, c’est le sport ; le combat réel, c’est le karaté ; celui contre soi-même est le karaté-do ; le tout c’est le bushi-do.
17-LE KAMAE EST DE REGLE POUR LES DEBUTANTS ENSUITE ON PEUT ADOPTER UNE GARDE SPONTANEE
Le « kamae », ou position de garde, existe dans chaque budo. C’est la posture de base la plus efficace qui soit. Les divers « kamae » ont été mis au point, il y a fort longtemps, et ont été transmis de maîtres à disciples au cours des siècles. C’est. pourquoi il est bon de les étudier tous, d’en connaître les variantes et de les maîtriser
Du point de vue karaté toutefois, il n’existe aucun kamae spécial. Il semble donc qu’il y ait contradiction entre les deux propositions : le kamae est de règle - il n’y a besoin d’aucun kamae. Le sens réel est que le kamae n’est pas dans le corps, mais dans l’esprit. En d’autres termes, le kamae dans l’esprit est l’expression qui explique qu’il faut prendre garde à tout ce qui nous entoure et que le kamae - en tant que posture - a moins d’importance que la tension de notre esprit.
18-LES KATAS DOIVENT ETRE PRATIQUES DE MANIERE CORRECTE. DANS LE COMBAT REEL, LEURS MOUVEMENTS S’ADAPTENT AUX NECESSITES
Les katas, fruit d’une expérience plusieurs fois millénaire, symbolisent la tradition du karaté. Leur pratique assidue et fidèle est nécessaire pour les maîtriser et acquérir le sens du combat. Le Maître Itosu déclara à ce sujet : « le kata est fait pour être pratiqué tel qu’il est, ceci afin qu’il ne subisse aucune modification majeure au cours des générations ».
Dans le combat, cependant, il est impossible de se défendre et d’attaquer dans un ordre précis. Aussi les mouvements sont-ils libres, tout en conservant cette pureté qui n’existe que dans le kata.
19-N’OUBLIEZ PAS DE CONSIDERER TROIS FACTEURS : FORCE, TAILLE ET DEGRE TECHNIQUE
Certains critères s’appliquent autant à l’exécution d’un kata qu’au combat réel. Cette règle s’applique en outre autant à soi-même qu’à son adversaire dont il faut considérer la taille, la force physique et la technique de combat. Quant à soi-même, il faut combattre en fonction de ces trois facteurs.
20-APPROFONDISSEZ SANS CESSE VOTRE PENSEE
Il a fallu 19 règles pour en arriver à ce point ! C’est sur cette dernière recommandation spirituelle que le Maître conclut le chapitre des Règles d’Or à l’intention de tous les budokas.
En effet, dans la mesure où l’on estime le Budo comme un Chemin à fouler toute sa vie. Il est indispensable de l’approfondir au maximum, sans tenir compte des années nécessaires à cela. Cinq ou six ans sont insuffisants pour comprendre l’esprit du Budo en profondeur. Les grands maîtres comme Myamoto Musashi ou Yamahoka, fondateur de l’école Muto, déclarèrent qu’il leur avait fallu vingt ans pour atteindre la voie !
Il n’est point nécessaire de se hâter car les bienfaits physiques et mentaux de la pratique du karaté apparaissent progressivement au fil des ans.
Telles sont les REGLES D’OR DU KARATE dont l’esprit révèle celui d’une tradition du bushido. Si on les applique dans sa pratique du karaté, nul doute que les résultats apparaîtront
S.T.K Crécy Karaté
